Si vous n’avez pas bien suivi

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سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ
Membre du personnel
l’affaire Trump-Russie…


L’enquête sur les liens entre la campagne présidentielle de Donald Trump et le pouvoir russe a abouti à trois premières inculpations. Voici une synthèse pour y voir plus clair.

Donald Trump ne parvient pas à s’extraire du bourbier russe. Au terme d’une nouvelle semaine de révélations, trois personnes de l’entourage du président américain ont été inculpées, lundi 30 octobre, soupçonnées de collusion avec la Russie dans le cadre de l’enquête sur les interférences russes dans la campagne électorale de 2016 aux Etats-Unis. Résumé de l’affaire.

Quelle est cette enquête ?

Demandée par le ministère de la justice états-unien en mai 2017, elle fait suite à des investigations du FBI, du renseignement américain et à des révélations de la presse concernant les liens qu’ont entretenus certains membres de l’équipe de campagne de Donald Trump avec des personnalités russes proches du Kremlin.

Les premières alertes sont lancées en 2015, lorsque le renseignement américain fait état d’une première intrusion russe dans le réseau numérique du Parti démocrate. Une première enquête est ouverte en juillet 2016 par le FBI, mais elle n’est confirmée publiquement par son directeur, James Comey, que le 30 mars 2017, devant une commission parlementaire. Donald Trump, élu le 8 novembre 2016 et investi le 20 janvier 2017, rencontrera par deux fois James Comey, exigeant de lui sa « loyauté » et lui suggérant d’abandonner les pistes concernant Michael Flynn, son conseiller à la sécurité nationale.

Le 9 mai, Donald Trump démet James Comey de ses fonctions de directeur du FBI, provoquant de nombreuses craintes sur un possible abandon de l’enquête. Huit jours plus tard, le 17 mai, le ministre adjoint de la justice, Rod Rosenstein, nomme officiellement Robert Mueller procureur spécial chargé de l’enquête. La nomination de l’ancien directeur du FBI, dont le CV, l’expérience et la capacité de résister aux pressions sont largement reconnus, est saluée à la fois par les démocrates et par les républicains.

Après plusieurs mois de travail, l’enquête aboutit, lundi 30 octobre, à trois premières inculpations.

Qui est inculpé et pourquoi ?

Trois anciens conseillers de Donald Trump ont été inculpés par la justice le 30 octobre :

1. Paul Manafort et Richard Gates


© Andrew Harnik / AP
Paul Manafort, ancien directeur de campagne de Donald Trump, le 2 novembre 2017 à Washington.

Qui sont-ils ? Respectivement directeur de campagne de Donald Trump jusqu’en août 2016 et membre de l’équipe de campagne.


De quoi sont-ils inculpés ? Les deux hommes ont été accusés de :

- conspiration contre les États-Unis ;
- conspiration de blanchiment d’argent ;
- non-déclaration de comptes bancaires étrangers ;
- non-déclaration d’activités de représentation d’intérêts étrangers ;
- déclarations mensongères ou trompeuses des activités de représentation d’intérêts étrangers ;
- faux témoignage.

Paul Manafort et Richard Gates sont visés par douze chefs d’accusation et ont plaidé non coupables. Ils sont principalement poursuivis pour des faits de fraude fiscale et de blanchiment d’argent dans des paradis fiscaux. Mais M. Manafort a aussi participé en juin 2016 à une rencontre entre le fils aîné du président, Donald Trump Jr, et une avocate russe, Natalia Veselnitskaya, qui avait fait état de documents compromettant pour Hillary Clinton.

Paul Manafort fut écarté en août 2016 de la campagne de M. Trump après que la presse eut révélé ses liens compromettants avec l’ancien président ukrainien pro-russe Viktor Ianoukovitch. Il a payé sa caution de 10 millions de dollars après sa mise en cause et a été assigné à résidence par une juge fédérale.

2. George Papadopoulos

Qui est-il ? C’est le conseiller pour les questions internationales de M. Trump.

De quoi est-il inculpé ? Faux témoignage.

George Papadopoulos est poursuivi pour avoir menti au FBI. Le conseiller de M. Trump aurait rencontré en Italie un intermédiaire désigné comme « le professeur », qui aurait mis en avant ses liens étroits avec le pouvoir russe. Il a également rencontré deux autres personnalités russes :

- une femme présentée comme proche de Vladimir Poutine ;
- un responsable lié au ministère des affaires étrangères russe.

Son contact russe, le «professeur», l’aurait informé que les autorités russes disposaient de quoi compromettre la candidate démocrate Hillary Clinton, citant des «milliers de courriels».

Après son arrestation, en juillet 2017, M. Papadopoulos a menti au FBI en déclarant avoir rencontré le « professeur » avant de rejoindre la campagne de M. Trump, en mars 2016. Il a plaidé coupable le 5 octobre et a choisi de coopérer avec l’équipe du procureur spécial.

Quelle est la chronologie des faits ?

Voici un résumé des rencontres mises au jour entre des membres de l’équipe de campagne de Donald Trump et des personnalités russes.

9 juin 2016 : Donald Trump Jr, Jared Kushner (gendre de M. Trump) et Paul Manafort rencontrent trois Russes à la Trump Tower, à New York : l’avocate Natalia Veselnitskaya ; Ike Kaveladze, partenaire commercial de la famille Agalarov ; et Anatoli Samochornov, interprète.

7 juillet 2016 : Carter Page, conseiller de Donald Trump et membre de l’équipe de campagne, rencontre à Moscou Igor Setchine, patron du géant pétrolier Rosneft et proche de Vladimir Poutine, ainsi que d’autres responsables russes visés par des sanctions américaines.

21 juillet 2016 : Jeff Sessions, conseiller de M. Trump, rencontre l’ambassadeur de Russie à Washington, Sergueï Kislyak.

Septembre 2016 : Jeff Sessions rencontre une nouvelle fois Sergueï Kislyak dans son bureau du Sénat, à Washington. Selon le Washington Post, MM. Sessions et Kislyak n’ont parlé que de stratégie politique.

Décembre 2016 : Jared Kushner rencontre le banquier russe Sergueï Gorkov.

Décembre 2016 : Michael Flynn a cinq conversations téléphoniques avec l’ambassadeur Sergueï Kislyak.

Date non précisée : Donald Trump Jr a reconnu avoir rencontré des Russes proches du Kremlin à quatre reprises durant la campagne.

Durant les sept derniers mois de la campagne, les membres de l’équipe de campagne de M. Trump ont échangé avec des personnalités russes à dix-huit reprises par téléphone ou par e-mail, selon l’agence de presse Reuters, citant des responsables américains proches du dossier.

Comment Donald Trump se défend-il ?

Le président se défend ardemment de toute compromission, notamment sur son compte Twitter, qu’il utilise fréquemment pour sa défense, niant catégoriquement toutes les accusations portées à son encontre. «Il est établi qu’il n’y a eu AUCUNE collusion», a-t-il écrit vendredi 27 octobre, critiquant à de nombreuses reprises une «chasse aux sorcières».

Son équipe, elle, tente de relativiser l’importance de M. Manafort et de M. Papadopoulos dans la campagne de M. Trump. Ce dernier a affirmé que les reproches faits à Paul Manafort dataient d’avant sa campagne. Sarah Sanders, porte-parole de la Maison Blanche, a quant à elle minoré l’importance de M. Manafort et a nié que les faits reprochés aient un lien avec la campagne. La porte-parole a aussi relativisé l’importance de M. Papadopoulos, assurant qu’il n’était qu’un « bénévole », membre d’un groupe de conseillers qui ne s’était réuni qu’une seule fois, en mars 2016.

Les faits pour lesquels MM. Manafort, Gates et Papadopoulos sont poursuivis n’incriminent pas Donald Trump pour le moment, et celui-ci en fait un axe fort de sa défense, quitte à nier les liens existants avec sa campagne.

La justice reproche aux deux premiers de n’avoir pas déclaré à la fois leurs activités de lobbying pour des intérêts étrangers (des dirigeants ukrainiens pro-russes) et des comptes bancaires détenus à l’étranger, d’avoir fait de fausses déclarations aux autorités et d’avoir blanchi et dissimulé de l’argent à l’administration fiscale. M. Papadopoulos est uniquement inquiété pour avoir menti lors d’une audition au FBI.




Le Monde - Gary Dagorn - Il y a 1 heure

Crédit photo : © MARK WILSON / AFP - Le président Donald Trump à Washington, le 3 novembre 2017.
https://www.msn.com/fr-ca/actualites/monde/si-vous-n’avez-pas-bien-suivi-l’affaire-trump-russie…/ar-AAuprZ2#image=2

 

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سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ
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Comment Moscou perçoit l'«enquête russe»
autour de Donald Trump


© Fournis par Slate Comment Moscou perçoit l'«enquête russe» autour de Donald Trump

Il a fallu deux jours aux autorités russes pour trouver un commentaire à l’inculpation de Paul Manafort. L’ancien directeur de campagne de Donald Trump est accusé par le procureur spécial Robert Mueller d’avoir caché des paiements de l’ancien Parti des régions, la formation du président ukrainien déchu Viktor Ianoukovitch.

Sans surprise, le Kremlin déclare ne pas se sentir concerné. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, ajoute que toute cette affaire est une manœuvre de diversion pour ne pas aborder les vrais problèmes des relations Washington-Moscou.

La dénégation comme ligne de défense

Sur le premier point, la réaction officielle russe est peu convaincante. Le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, a déclaré:

«Toute accusation portée contre des citoyens américains dans le cadre d’une enquête interne aux États-Unis ne nous concerne pas; c’est une affaire intérieure américaine.»

Mais il est difficile de le croire. D’ailleurs, il ajoute immédiatement: «Mais nous suivons l’histoire de près».

Outre Paul Manafort, les deux autres personnes mises en cause par Robert Mueller, Rick Gates et George Papadopoulos, étaient certes davantage impliquées en Ukraine, mais les responsables russes omettent de mentionner que Ianoukovitch et son parti étaient très liés à la Russie.

Devant l’Association of European Businesses, Sergueï Lavrov s’est étonné qu’après neuf mois d’enquêtes sur les «supposées» ingérences russes dans l'élection présidentielle américaine, «aucune preuve d’aucune sorte n’ait été apportée».

Sans doute pour souligner l’incongruité de telles accusations, Sergueï Lavrov a manié l’ironie, soulignant que les Russes étaient tenus responsables de tous les maux, des manifestations anti-Trump comme de la faillite de certaines sociétés voire des inondations.

Il n’empêche que catastrophes naturelles ou pas, un faisceau d’indices montrent que des Russes proches des milieux officiels ont approché des responsables de la campagne de Donald Trump et que des hackers «de l’Est» ont tenter de jouer les trouble-fête. La ligne de défense du Kremlin est claire: c’est la dénégation. Et on ne pouvait pas s’attendre à autre chose.

Des Russes déçus par Donald Trump

Sur le second point qui concerne les relations entre les deux puissances américaine et russe, la réaction de Moscou a une part de vérité. Non que le Russiagate ait été organisé sciemment pour faire capoter un rapprochement entre les États-Unis et la Russie, après le froid des dernières années de l’administration Obama. Mais il est vrai que l’imbroglio autour des rapports entre Donald Trump et son équipe avec la Russie empêche la Maison-Blanche d’avoir une politique russe au-dessus de tout soupçon. Si elle parait trop favorable à un dégel, le président sera soupçonné d’être sous influence. Si elle est trop rigide, on pensera qu’il essaie de se dédouaner.

Les Russes ont été déçus par Donald Trump. Au soir de son élection, des députés à la Douma, le Parlement russe, membres du parti officiel, ont sabré le champagne. Les officiels étaient certes plus prudents mais après une période de froid, ils espéraient que le nouvel élu aurait une approche des relations américano-russes moins «idéologique» que son prédécesseur. Le candidat Trump n’avait-il pas laissé entendre qu’il pourrait passer outre l’annexion de la Crimée et lever les sanctions qui font tort au business?

Tous n’étaient pourtant pas dupes, même s’ils détestaient Hillary Clinton plus encore qu’ils comptaient sur Trump. Comme le disait un vieil observateur russe de la politique de Moscou depuis la fin des années 1980, le résultat des présidentielles américaines était à la fois une bonne une mauvaise nouvelle. La bonne, c’était qu’Hillary Clinton avait été battue; la mauvaise, c’était que Trump avait été élu.

Depuis, les relations russo-américaines n’ont connu que des déboires. Les sanctions ont été aggravées par le Congrès et Donald Trump n’a pas pu s’y opposer. Pour protester contre les ingérences russes dans la campagne, le personnel de l’ambassade à Washington a dû être réduit et le consulat de San Francisco fermé. En représailles, le Kremlin a demandé à plusieurs centaines de diplomates américains de quitter la Russie.

Un dialogue au point mort

La coopération sur la Syrie, officiellement souhaitée par la présidence américaine, est au point mort. Comme le sont les grands sujets qui étaient à l’ordre du jour des négociations entre les deux pays, même au temps de la guerre froide. La réduction des armements nucléaires était au centre des préoccupations des dirigeants, de même que le contrôle des risques de dérapage des crises régionales.

Malgré des divergences irréductibles stratégiques et idéologiques, un dialogue subsistait, avec ses hauts et ses bas. Il semble aujourd’hui inexistant, malgré quelques tentatives vaines du secrétaire d’État Rex Tillerson, lui aussi bien introduit au Kremlin quand il présidait ExxonMobil.

Donald Trump n’est pas arrivé à la Maison-Blanche armé d’une ambitieuse politique russe, mais les déboires de ses anciens conseillers —qui pourraient bien l’atteindre un jour— empêche l’administration américaine dans son ensemble de renouer avec Moscou. Personne ne peut s’en réjouir: ni les Russes, ni les alliés traditionnels des États-Unis.




Slate - Daniel Vernet, il y a 1 jour
https://www.msn.com/fr-ca/actualites/monde/comment-moscou-perçoit-l«enquête-russe»-autour-de-donald-trump/ar-AAumIk1

 
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