Ramadan chez les nomades,

titegazelle

سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ
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... un héritage culturel façonné par la nature


Tentes nomades | Ph: Archives

Le Ramadan chez les nomades à Tafilalet est riche d’un patrimoine culturel façonné par la géographie inhospitalière du lieu et alliant austérité de la vie et plaisir de se réunir en famille.

Ce mode de vie, en proie à une certaine mutation, résiste toujours dans des régions comme Boudnib, Goulmima et Imelchil, préservant les grandes lignes des traditions de ce mois sacré, empreint de générosité, d’altruisme et d’entraide et perpétuant des rituels propres à une société bédouine en perpétuelle quête de pâturage et d’eau, au gré des besoins des troupeaux.

De la région d’Imelchil jusqu’aux confins de Rissani, les nomades, très attachés à des traditions ancestrales et à leur mode économique centré sur le cheptel, comptent toujours sur des produits locaux pour confectionner leurs spécialités ramadanesques, notamment la harira (soupe marocaine) et les crêpes locales fourrées de beurre de chèvre.

Selon Cheikh Assou Azelmat, membre de la tribu des Ait Merghad, installés dans la région de Tiknouit, entre Errachidia et Goulmima, le repas du "Ftour" se compose essentiellement de petit-lait et de "Harira" ou "Asgis", en plus du beurre salé, du miel, du thé et du pain dit "Aghroum Tafant", alors que le repas du soir et "Shour" sont fait de bouillon et de pain.

Les soirées ramadanesques sont animées par d’anciens contes pour enfants ou des jeux traditionnels comme "Krout", alors que les adultes discutent de sujets du fond de la vie de nomade, comme les emplacements de pâturage et d’eau ou le commerce de bétail, raconte, à la MAP, Assou, qui venait de rentrer après une longue journée aux pâturages.

Parmi les traditions immuables figurent l’immolation d’une bête au soir du mi-ramadan et "Laylat Al-Qadr", qui constitue une occasion de prière et d’imploration tout au long de la nuit, ainsi que le jour de Aid Al-Fitr, célébré dans une ambiance festive et dans l’échange de visites entre familles, a-t-il fait savoir.

Ces traditions s’inspirent du milieu naturel austère et farouche qui fait des journées de jeûne une grande épreuve d’endurance et des nuits des moments magiques illuminés par les étoiles, le feu de bois et le climat bon enfant qui règne entre les nomades, estime Assou, ajoutant que, de par la spiritualité et l’esprit de solidarité qui le marquent, le Ramadan revêt un caractère spécial chez les nomades.

Les préparatifs du Ramadan prennent d’autres formes chez les nomades d’Ait Khebach, dont des familles ont choisi de regrouper leurs "Khaima" (tentes) à proximité de sources d’eau afin de faciliter leurs tâches quotidiennes en ces jours de jeûne.

Parmi eux, Mustapha Outaleb souligne que les nomades comptent, en premier lieu, sur leur bétail pour s’approvisionner en produits alimentaires, notamment le lait qui entre dans la confection de "Taklilt", un fromage qui ressemble au "Jben" (fromage frais marocain) et qui se consomme au "Ftour" avec les dattes et le lait ou le petit-lait, ou d'"Azarir", à savoir du "Taklilt" séché pour être conservé plus longtemps.

Une autre composante essentielle de la table ramadanesque des nomades est la "Harira" avec des plantes médicinales comme "Louerguia" ou "Tazakht", en plus du pain fourré de graisse animale et de piments forts. Un autre aspect du mode de vie des nomades est lié à la détermination des horaires des prières, avec le recours à l’observation du mouvement des étoiles et au déplacement de la lumière et de l’ombre.

Dans ce sens, le chercheur en patrimoine populaire, Zayed Jarrou souligne qu’afin de pouvoir observer scrupuleusement le monde extérieur, les nomades préfèrent se coucher loin de l’entrée de leurs tentes, tout en se tenant en face de l’entrée ou de petites fenêtres qui restent ouvertes tout au long de la nuit.

Les coutumes des nomades sont animées par une fonction sociale qui profite à tous les membres de la "Khaima" et qui se mue en système social oeuvrant pour consolider les liens entre les individus et mettre en place une certaine harmonie entre eux, a-t-il affirmé, ajoutant que ces coutumes se transmettent, avec certaines nuances relatives aux conditions et aux valeurs de chaque génération.







MAP / Ali Hassani / 07.07.2015 : 10h49

http://www.menara.ma/fr/menara-mag/culture/2015/07/07/1650623-ramadan-chez-les-nomades-un-héritage-culturel-façonné-par-la-nature.html#comment-588542
 
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