Demi-finales du Mondial:

titegazelle

سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ
Membre du personnel
le collectif pour rappeler la vérité du foot


Le football a, une nouvelle fois, confirmé au mondial de Russie qu'il est d’abord un sport collectif réimposant sa suprématie sur le jeu individuel.

Le football a, une nouvelle fois, confirmé au mondial de Russie qu'il est d’abord un sport collectif réimposant sa suprématie sur le jeu individuel, les quatre écuries européennes encore en lice pour la couronne l’ont admirablement réussi.

Les stars du ballon rond les plus médiatisées l’ont vécu pour aller suivre le tournoi sur les écrans de télé et leur équipe pour avoir quitté par la petite porte l’édition en misant trop sur les individualités capables de surmonter toutes les difficultés par un coup de génie afin de changer les cours des matchs.

Le Mondial "ne respecte pas le talent mais les équipes

"Les Messi et Ronaldo, qui se relaient depuis une décennie pour le titre de meilleur joueur, ainsi que Neymar qui tente de s’incruster pour briser ce "bicéphalisme", se sont, tout à tour, cassé les dents sur les collectifs en béton pour tomber de leur piédestal en balbutiant leur football. La gagne n’est ainsi plus quasiment automatique, les "héros" devenant même des talons d’Achille.

"L’équipe avait les moyens de battre ce grand Brésil, à condition de ne penser qu’en termes collectifs", a expliqué Romelu Lukaku, le fer de lance des belges qui s’était "sacrifié" par ses mouvements et courses, tout comme Hazard, pour se plier au service du collectif en jouant le passeur du 2-0.

Le Mondial "ne respecte pas le talent mais les équipes. Mes joueurs ne sont pas seulement talentueux, ils ont aussi de grandes ressources psychologiques et humaines. Il fallait bien cela pour réaliser la performance ultime, faire tomber le Brésil", a soutenu après match le sélectionneur espagnol des diables Rouges Roberto Martinez. C’est la récompense de l’audace.

Les battants belges ne manquent pas d’armes pour écrire une page de l’Histoire. Ils peuvent se targuer d’avoir réussi la gageure de battre leurs futurs rivaux en 2002 (1-2) en amical au stade de France juste à la veille du mondial asiatique.

Français et belges, qui se mesurent pour la première fois à ce niveau, pullulent de talents arrivés à maturité qui s’appuient sur leur vitesse d’exécution des attaques tant placées qu’en contres tout en parvenant à réduire les espaces dans les tâches défensives.

Dans ce rayon, les 22 acteurs, qui affichent des formes éblouissantes, sont débarrassés du star-système pour vivre amplement l’humilité sur le terrain et savent endosser le bleu du travail quand c’est nécessaire et surtout s’installer dans une autre dimension en conformité avec l’objectif et de l’enjeu d’une place de finale, d’être portés aux cimes.

Les protégés de Didier Deschamps, qui ont débloqué le verrou de la meilleure défense du tournoi (Uruguay, un seul but encaissé avant les quarts), seront en face de la meilleure attaque (Belgique, 14 buts).

Même son de cloche chez les Croates qui, depuis 2008, n’ont jamais franchi le seuil du premier match à élimination directe mais ont réalisé un immense exploit après avoir maté l’Argentine (3-0), favorite et finaliste du Brésil 2014, dans ce qui a été un sérieux et clair avertissement à la concurrence.

Les Vatreni ont, désormais, l'opportunité d’égaler, voire de dépasser, la troisième place du podium conquise par la génération dorée du football croate, en 1998 avec son symbole Davor Suker (meilleur buteur avec 6 concrétisations), qui avait alors apprivoisé l’ogre allemand en quart de finale (3-0).

Sa victime sur le chemin du carré d’as, la Sbornaya russe, a, non seulement, tenu tête face à plus fort mais a fait, une nouvelle fois après la phénoménale prestation contre les espagnols, preuve de caractère et de détermination à se transcender en arrachant les prolongations, l’écart de niveau intrinsèque avec les Croates ne se sentait pas tellement sur la pelouse.

Dès l’ouverture du feu d’artifice du tournoi, nul ne pouvait parier un kopeck sur le bon parcours de la Russie, sélection la moins bien classée de tous les participants (70è au classement FIFA) mais qui a déjoué tous les pronostics. En bâtissant sur leur solidarité sur le terrain, les joueurs se battent sur tous les ballons les uns pour les autres, se livrent sans retenue pour "penser, plus tard, à la douleur et aux crampes", explique l’attaquant Dzyuba pour qui "le sacrifice, la discipline et la rigueur peuvent venir à bout du talent pur". Les espagnols peuvent en témoigner.

"Le secret de notre réussite, c’est que tout le monde partage le même objectif. Tout le groupe (titulaires, remplaçants, staffs) fait corps, une attitude qui porte ses fruits depuis le début du tournoi", a martelé, en connaissance de cause, le défenseur Ilya Koutepov. Le come-back dans la prolongation contre les Croates alors que les joueurs étaient sur les rotules en est la parfaite illustration.

Angleterre et France, seuls sacrés champions

Dans ce lot des heureux "rescapés", Anglais et Français sont les seuls à afficher une étoile au-dessus de leur écusson, les Three Lions après une disette de 52 ans (1966) et les tricolores il y a 20 ans (1998), et tous deux vainqueurs en tant qu’hôtes.

L’Angleterre avec ses prestations collectives dont la plus aboutie contre la Suède (2-0) est déjà la deuxième meilleure attaque avec une moisson de 11 buts égalant le record du pays au mondial de…1966 quand elle avait brandi le trophée.

Elle joue avec les atouts de la jeunesse en étant la troisième plus jeune du tournoi (moyenne d’âge de 26 ans et un mois). Elle n’est pas un "produit fini" mais un groupe de jeunes, dont une bonne partie n’était pas encore de ce monde quand l’Angleterre avait disputé sa dernière demi-finale de Coupe du Monde (1990), qui "montrent sur la scène mondiale qu’ils sont prêts à se battre balle au pied", reconnaît le sélectionneur Southgate.

Et dans ce pragmatisme, les outsiders demi-finalistes n’écartent légitiment pas d’être, le 15 juillet, les champions du monde. Rien que deux matchs à cravacher encore et le sacre est en poche.

Tout est, dorénavant, dans leurs cordes. Juste s’appliquer sur le sujet, faire ce qu’il faut et surtout ne pas se désunir. Et dans ce registre, ils n’ont pas de leçons à recevoir après avoir déplacé les montagnes des favoris.



Menara avec map / 09.07.2018
Crédit photo : Coupe du monde de football "Russie-2018"
http://www.menara.ma/fr/actualités/sport/2018/07/09/2446010-demi-finales-du-mondial-le-collectif-pour-rappeler-la-vérité-du-foot.html
 
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