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Un grand poète vie au maroc
Mohamad
Al-Faytouri ![]() Né en 1930 à Alexandrie, Mohamad Al-Faytouri a longtemps vécu en exil dans différents pays arabes, tout en restant très marqué par le Soudan, son pays d’origine. La langue prend chez lui une importance primordiale en tant que véhicule de la culture arabo-musulmane. Arabe, il se revendique également Africain, célébrant dans ses poèmes son identité soudanaise. Il paraît être donc au confluent de plusieurs cultures se rejoignant, faisant une unité entre elles, défiant ainsi un particularisme outré sans sombrer dans une vision nivelée et faussement unitaire. Il est l’auteur de plusieurs recueils de poèmes, dont A L’Est du soleil, à l’ouest de la lune (Charq Al-Chams, gharb al-qamar, Dar Al-Chorouq, 1992), Arc de la nuit, arc du jour, Qaws Al-leil, qaws al-nahar, Dar Al-Chorouq, 1994), Du Feu dans les cendres des choses, Nar fi ramad al-achyae, Organisme égyptien du livre, 2001. Président du jury, Ahmed Darwich a décrit Al-Faytouri comme le poète qui “par ses mots réussit à faire vivre la poésie, et par sa poésie à faire vivre l’être humain.” D’une valeur de 10000 dollars, le Prix Naguib Mahfouz avait été attribué auparavant au romancier syrien Hanna Mena (2005) et au poète palestinien Samih Al-Qassem (2006). la source : http://66.102.9.104/search?q=cache:K...lnk&cd=1&gl=fr ________________ Mais malheureusement maintenant il est malade est personne ne lui rend visite même les poètes marocains qui le connaissent très bien, ni le ministère de la culture ou il y a une femme du domaine et qui connais al faytouri depuis longtemps.moi même adil1974bis من مؤلفاته: 1- أغاني إفريقيا 1955- شعر 1956. 2 - عاشق من إفريقيا 1964- شعر. 3 اذكريني يا إفريقيا 1965- شعر. 4- سقوط دبشليم 1968- شعر. 5- معزوفة لدرويش متجول 1969- شعر. 6- سولارا (مسرحية شعرية) 1970. 7 - البطل والثورة والمشنقة- شعر 1972. 8- أقوال شاهد إثبات- شعر 1973. 9- ابتسمي حتى تمر الخيل- 1975- شعر. 10- عصفورة الدم- شعر- 1983. 11- ثورة عمر المختار- مسرحية 1974. 12- عالم الصحافة العربية والأجنبية- دراسة- دمشق 1981. 13- الموجب والسالب في الصحافة العربية- دراسة- دمشق 1986 |
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Dernière modification par nassira ; 18/08/2008 à 00h01. |
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Extraits de différents recueils
Les choses Il se peut que ce ne soit rien Ce que tu vois maintenant dans ton miroir Tel que tu le vois à travers les talismans des lignes N’importe quelle chose Collé à la terre ou précipité dans les nuages Ou adonné aux aspirations de l’âme. Voyageant vers l’Occident ou vers l’Orient … ou rêvant à l’infini Ou nu et vêtu, et proche et lointain Ou créant et presque créé et riant et presque leurré Ou une nuée de feu, ou une herbette des roches Ou les supplications d’un prophète d’un pôle passé à l’autre pôle Jusqu’aux limites de l’orbite Puis il a désavoué ses péchés et il s’est dissipé dans les vicissitudes De la nuit et du jour toi, est-ce toi la vérité ? Retourne maintenant à ton être ! Ce que tu vois n’est pas ce que tu vois est autre chose que ce que tu vois N’importe quelle chose, toute chose, autre chose L’icône du moine est entre les dents du dragon Et la danseuse aveugle dans sa cadence nègre Et les pluies à verse sur la place de Bouddha Le gardien des morts, et Confucius S’agenouille durant la prière du feu Et les dieux spectres, arc des ténèbres … Aux couleurs sombres Aucune différence, et quelle différence ? La carte des religions est devenue tolérante Est mort l’artisan éternel La création est morte dans le créé Toute chose sur cette terre est devenue Semblable à toute chose Sur la divagation de la terre Dieu est mort — Dieu a révélé sa majesté — dans la justice, dans l’amour et en l’être humain Le Caire, 1999 (Extrait Du Feu dans les cendres des choses, Nar fi ramad Al-Achyae, Organisme Egyptien du livre, 2001) |
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Retouches sur un tableau somalien
Mogadiscio qui s’est vêtu de son sang Mogadiscio des visages tristes Ne sera pas et n’était pas auparavant Le premier vaisseau en enfer Et le dernier ballottement dans la pluie Mogadiscio qui a bu son calice Mogadiscio des vents prisonniers La semence de la mort a fleuri dans sa terre Et la faim et la répression se sont entortillées autour des troncs des arbres Est-ce là la révolte des hommes Ou y vois-tu la revanche du destin ? Mogadiscio sur le tombeau de son histoire Est une nation qui se suicide ! 1993 (Extrait de : Arc de la nuit, arc du jour, Qaws Al-leil, qaws al-nahar, Dar Al-Chorouq, 1994) |
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Une certaine mort, gloire de la terre
Quand se referme l’arc, Rome échange son visage dérobé La Rome des villes polies dévastées Au siège de sable Il n’y a pas plus magnifique qu’un balai d’argent Qui répand sa fulgurance au carrefour de l’été et de l’hiver Là, un bouffon est prisonnier des morceaux de craie Abattu, il couvre sa tête de glace avec le soleil Et sur la colline se traîne le temps polaire Se réchauffant dans son manteau mouillé, Combien sont cruels les yeux de la patrie occupée Des chevaux et des faucons dans les galeries Et des spectres de moulins à l’horizon C’est la désolation que ne réchauffe pas la désolation Qui s’étend dans le devenir de l’autre — Est mort le sixième roi A dit le sanglot de la religieuse vierge — Est mort le sixième roi Et elle s’est effondrée sur l’autel Et les rois muraux qui ont attendu depuis des années ont protesté Ont brandi leurs épées au-dessus des cercueils Ils ont illuminé la sphère céleste des prophéties Leurs pluies se sont déversées sur les chemins des villes érodées Le roi jaune a dit : Voici qu’est parti le porteur de la grande croix d’or sur terre Le roi noir a dit : Un diadème de fleurs, et l’étreinte du vent Le roi bleu a dit : Une certaine mort, gloire de la terre Une certaine mort est la gloire de Dieu L’homme muet a dit : Cet immense carnaval papal Est digne des rois des fantasmagories et dans mon époque Où l’anneau sublime est au doigt et le doigt dans l’anneau Les fleurs de mes jardins sont sur leurs corps Au-dessus des coursiers noirs Rien n’est plus beau que leurs cols au-dessus des coursiers noirs des chars Et il s’est étendu sur son rire, puis l’homme muet a repris conscience — Le sixième roi est mort -2- Ni l’olivier de Dieu, ni le narcisse de Satan Ceci c’est toi ! L’oiseau et le serpent se sont réfléchis dans ton âme Cela c’est toi ! Rome, 1980 (Extrait de : A L’Est du soleil, à l’ouest de la lune (Charq al-chams, gharb al-qamar, Dar Al-Chorouq, 1992): |
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L’Ouragan
Dans le cosmos il y a encore une place étendue pour les héros Et les horizons sont un torrent continuel d’étoiles Et la Terre depuis que fut l’humus de la Terre Une embarcation S’effondre pendant qu’une autre se précipite derrière le Soleil As-tu donc appris que la gloire forme des voiles De fumée, et les couleurs des ténèbres sont des traces obscures Et que ceux qui ont habité l’Histoire ont aussi habité Le Marbre de l’Histoire avec sa couleur foncée étiolée Ecoute donc, écoute ce que tu n’as jamais entendu Deux vents orageux te charrient La faim et la douleur. Tripoli, le 2 février 2000 |
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D’un balcon parisien
Il y a des années je suis passé par là Je me suis arrêté longtemps, sous ce ciel Est-ce un autre Paris que tu vois ! Les choses ne sont plus ce qu’elles étaient Tout a changé … Rien n’a changé C’est elle qui est changée C’est moi qui suis changé Ils demeurent Racine et Corneille … Victor Hugo George Sand … Charles Baudelaire et Jean Cocteau Picasso le nerveux et Gauguin, Sartre et Simone Tous sur leur piédestal de pierre Dans le jardin de la Ville Eternelle Qui fit un jour l’histoire de ce monde Regarde autour de toi. Scrute les alentours ! La belle femme et sa noblesse héréditaire Qui Etait ton amante, un matin, un soir Porte toujours son parfum capiteux et sa fraîcheur en te regardant Maintenant Languissante, raffinée et docile Reine mythique souverainement accoudée à la balustrade |
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D’un balcon de Paris
Tu es ici maintenant Et les autres sont là-bas Tu connais en ce moment plus de sérénité Mais soudain ton ardeur est plus intense Moins de folie te hante, mais plus de quiétude Si seulement nous avions possédé nous qui mâchons Nuit et jour dans nos pays Les mots de Liberté-Démocratie-Droit-de-l’Homme Si nous possédions, un peu de ce que nous possédons ici Dans la Patrie de l’Exil. Paris Paris, 1993 |
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Messe africaine pour l’esprit de Satan
Un astre de sang Enflamme une nuit la cendre de ses mains Alors il s’accroupit, triste, à l’entrée de sa tente Et il se pencha sur son feu allumé Il fut reconnu des cieux aux grands yeux recouverts de glace Et la terre est gardienne de la Mort et de l’obscurité absolue Il fut reconnu par les voûtes des légendes Et les prières affligées Et les images oppressées Ils l’ont forgé comme ils ont façonné d’autres que lui Ils l’ont détruit et ils le construisent un lendemain Peut-être ont-ils reproduit son pareil Peut-être vont-ils reproduire son Double … Mais l’heure est maintenant à la fête de leur messe Ils sont en train de sculpter pour lui le bois de la potence. Sans lieu, 1993 |
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A Nelson Mandela
Habitant pour toujours sous tes latitudes Comme un dieu ancien Monté de l’or du Soleil Toi l’ébène de l’automne austral Quel serait le sublime de la profession de foi Si tu avais été un autre ! Tu nais au sein de la mort Tu grandis dans la mort Tu gravis un champ d’étoiles sur le mur de la mort Tu deviens des médailles d’éclats rayonnants Et un ouragan de chants Et la grandeur d’une forêt de danses Dans ta lutte tu m’as fasciné Tu brises le cou de ceux qui t’ont brisé Et tu emprisonnes tes geôliers Du haut de ta prison Tu m’as comblé de tes bienfaits Mandela Mandela *** Il ne récolte que l’opression Celui qui sème l’opression dans mon siècle Il ne se vêtit que de terreur Celui qui tisse la terreur dans les fibres de mon corps Il n’est qu’une mort une mort qui vient fatale Mais moi je resterai Dansant avec ma liberté Défendant parmi le bruissement de millions d’hommes De ma patrie *** Mandela Mandela Ma liberté c’est l’héritière de ma terre Et c’est mon miracle Et l’incandescence sur mon chemin Mandela Ma liberté est mon commencement et ma fin Elle est ma religion vénérée et mon Dieu *** Comment, toi ? Prisonnier Alors que tu es là-bas et que se dessine ton visage Au sein des aspirations des jeunes filles Et dans les fumées des chambres obscures Et dans la cendre grise des mines Comment serais-tu prisonnier Tant qu’à te suivre ils s’essoufflent Sous les ponts de Pretoria Et ses édifices qui frémissent Pendant que tu les gratifies de défaites *** MANDELA ô Héros, ô Vieil Homme Purifié à l’eau des quatre-vingts années Apparition révélée mais caché (e ?) Je fus néant quand j’ai voyagé en toi Je sais que tu es une lumière éclairant ma durée Ainsi es-tu Resté l’être que tu es Sois ce que tu es, éternel dans tes mots Prenant appui sur la gloire de tes quatre-vingts ans Demeure là où tu es Demeure là où tu es Demeure là où tu es Tripoli, 1989 |
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الأعمال الشعرية لمحمد الفيتوري
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